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Le survirage Suggérer par mail

pourquoi, et comment...

Le mot "survirage" défini le type de perte d'adhérence que le véhicule subit.
Communément appelé "dérapage", la perte d'adhérence qui n'est pas définie ne peut être analysée et encore moins expliquée.
Le survirage défini toujours une perte d'adhérence du train arrière.

Il existe plusieurs types de survirage:
• Par transfert de masse, le train arrière est délesté par une action volontaire ou involontaire du conducteur.
• Par patinage des roues motrices (sur une propulsion), provoqué volontairement ou involontairement par le conducteur.
• Par une tendance naturelle du véhicule (ce type de véhicule n'est plus commercialisé de nos jours).


Nous allons tout d’abord tordre le cou aux idées préconçues, et il en est une qui est la championne du monde !
En effet, lorsque l'on pose la question:"quelles sont les voitures survireuses ?"
La réponse est toujours la même: "les propulsions" c'est à dire les véhicules à roues arrières motrices.
Et bien c'est faux, car lorsque l'on parle du comportement d'un véhicule, il s'agit de son comportement naturel, c'est à dire, sans influence du conducteur.

Qu'est-ce que cela veut dire.
Il faut savoir, qu'un véhicule a son "petit caractère", son comportement, qui a été programmé par le constructeur.
En d'autres termes, c'est le constructeur du véhicule qui décide du comportement naturel de celui-ci.
Ce qui veut dire, que si vous n'agissez pas sur une des commandes du véhicule, accélérateur ou frein, c'est le comportement naturel du véhicule qui prendra le dessus.

Il est donc important de réaliser que seul le conducteur (pilote) a les possibilités d'influencer ce comportement.

Alors vous vous dites sûrement: "ma BMW ne serait donc pas survireuse !"
et bien non, voilà la première révélation, en effet, votre BMW n'est pas naturellement survireuse, et le comble c'est qu'elle est SOUS-VIREUSE.
Pourquoi les constructeurs fabriquent-ils des véhicules à tendance sous-vireurs ?
Nous allons vous l'expliquer, mais il est important pour la bonne compréhension de comprendre ce qui peut provoquer un SURvirage, et comment le contrôler.

Qu'est-ce qui peut provoquer un survirage.

• C'est vous, car c'est vous qui avez les commandes, et que seule une action du conducteur (pilote) peut provoquer une perte d'adhérence du train arrière.
Physiquement, que se passe-t-il lorsque le véhicule perd l'adhérence sur le train arrière ? Vous noterez que je ne fais pas de différence entre un véhicule traction, propulsion, ou même 4 roues motrices.
Imaginons un véhicule parfaitement équilibré, pesant 1000kg, répartis comme suit, 500kg sur l'essieu avant et 500kg sur l'essieu arrière.
Les masses sont réparties comme cela, véhicule à l'arrêt.


 

PILOTAGE

Dans cet état, ce véhicule en mouvement dans une courbe aura un comportement dit NEUTRE, et en cas de perte d'adhérence il glissera des 4 roues.

Comme je l'ai indiqué un peu plus haut, le conducteur est le seul à pouvoir agir sur ce comportement

• Oui, mais alors comment ?
Nous avons à notre disposition 3 pédales (pour les boites de vitesse manuelles), dont 2 "magiques":
• L'accélérateur
• Le frein

C'est l'action sur l'accélérateur qui va permettre de créer un transfert de masse sur l'arrière du véhicule, c'est à dire de prélever virtuellement du poids sur l'avant pour le mettre sur l'arrière.
PILOTAGE

PLUS UNE ROUE EST CHARGÉE EN POIDS, PLUS ELLE A D'ADHERENCE
De cette manière, nous allons donc augmenter l'adhérence du train arrière, mais, attention, c'est au détriment du train avant.
En effet, souvenez vous, que la masse d'un véhicule n'est pas variable (sauf avec plus de passagers ou de bagages), et que par voie de conséquence, si vous "chargez" un essieu, l'autre sera délesté.
De la même manière, si vous décèlerez ou freinez (sans blocage de roues) vous effectuez un transfert de masses sur l'avant du véhicule, et vous délestez donc l'arrière, et c'est à ce moment là, si l'adhérence est précaire, et si vous vous trouvez dans une courbe, que vous risquez de provoquer un survirage.
PILOTAGE
C'est donc vous, par votre action, qui aurez provoqué cette perte d'adhérence du train arrière.
• il s'agit donc là d'un survirage par transfert de masse.
Pourtant, je vous jure, ma BM, dans les ronds points ce n'est pas en freinant qu'elle survire, mais bien en accélérant !
Oui oui ! Je vous crois, mais il s'agit là d'une perte d'adhérence par patinage des roues motrices (sur une propulsion), provoquée par un excès d'accélération.
SURVIRAGE EN BMW


Une accélération mal dosée provoquera souvent ce genre de réaction (excepté si votre véhicule est équipé d'un système anti-patinage).

Contrôler un survirage.

A présent, il va falloir faire la différence entre traction, propulsion, et 4 roues motrices.

• Contrôle d'une propulsion:
Pour contrôler une perte d'adhérence il est indispensable d'en définir la ou les causes.
• Le survirage provoqué par un patinage des roues arrières motrices.
• 1ere étape: Supprimer l'excès de patinage en SOULAGENT l'accélérateur, vous avez bien entendu, soulager et non pas lâcher !!
• 2eme étape: Simultanément, contrebraquer pour remettre le véhicule en ligne.

Cette manoeuvre est naturelle et ne pose généralement pas de problème, mais attention, lorsque le véhicule a retrouvé sa trajectoire, vous devez avoir remis votre volant en ligne, c'est à dire roues droites, sous peine de provoquer, au mieux un saucissonnage, au pire un violant tête à queue incontrôlable.

• Le survirage provoqué à la suite d'un transfert de masse sur l'avant:

L'arrière du véhicule a donc été délesté, trop délesté, par une décélération trop brutale en appui, ou un braquage trop franc lors une phase de freinage.


transfert de masses sur l'avant


Notez sur la photo ci-dessus, que les roues arrière ne sont pas en patinage, il s'agit bien d'une mise en dérive par transfert de masses sur l'avant  

Le contrôle:

Contrebraquer en rapport avec l'angle de la dérive, et recharger l'arrière du véhicule en lâchant la pédale de frein si vous aviez le pied dessus, puis si cela ne suffit pas, en accélérant progressivement.
Comme indiqué ci-dessus, n'oubliez pas de ramener les roues droites au fur et à mesure que la dérive diminue.

En règle générale, évitez de vous mettre dans des situations que vous ne maîtriserez pas.

Et enfin, le survirage naturel, mais comme précisé ci-dessus, il n'est plus possible d'acquérir un véhicule neuf de ce type.

Quelques exemples de véhicules à tendance survireur:
• RENAULT 8 GORDINI
• VW COCCINELLE.

Il s'agit en effet de véhicules commercialisés avant les années 70.

Quelques explications s'imposent.
Au cours des années 60/70 le réseau routier évolue, et l'on voit se développer dans l'hexagone un nouveau type de réseau routier, plus large que nos routes nationales, avec des courbes rapides, mais pas de virage serré :
 

LES AUTOROUTES

Alors, nos voitures réglées survireuse sont-elles toujours adaptées à ce type de réseau routier ?

Nous avons abordé les transferts de masses, le contrôle d'un survirage sur une propulsion, alors mettons nous en situation dans les années 60/70.

Nous sommes dans notre RENAULT 8 GORDINI sur l'autoroute où la vitesse n'est pas encore limitée, et nous décidons de "coller" la pédale d'accélérateur au plancher, et nous voilà à 180km/h dans une grande courbe d'autoroute, mais voilà, le comportement naturellement survireur de notre R8 GORD nous rappelle à l'ordre, et l'arrière commence a se dérober à la vitesse de 180km/h !!!

Il va donc être nécessaire de charger l'arrière au plus vite, avec l'outil qui est à notre disposition, l'accélérateur !
Seulement voilà, nous sommes déjà à fond ! il ne nous est donc pas possible d'effectuer le transfert de masse salvateur sur l'arrière !

Ca commence à sentir le rail de sécurité, et, à 180km/h, inutile de vous dire que ça ne sent pas bon !

Dans les mêmes circonstances, mais avec un véhicule à tendance sous-vireur, la voiture aurait tendance à sousvirer, et il faudrait donc légèrement soulager l'accélérateur pour effectuer un transfert de masse sur l'avant du véhicule.

Notez qu'il est tout de même plus naturel de décélérer lorsque tout va mal, plutôt qu'accélérer !

Voilà pourquoi les constructeurs automobiles ont revu leur copie, en adaptant le comportement des véhicules au nouveau type de réseau routier, et à l'instinct naturel du conducteur.


Contrôle du survirage sur une traction (roues avant motrice)

Le contrôle du survirage sur une traction avant est très différent, plus nuancé, et très anti-naturel.

Pourquoi plus nuancé, et bien parce que je devrais vous dire qu'il ne faut pas contrebraquer, mais il est des circonstances ou le contrebraquage sera indispensable.

Je vais donc classer le contrôle d'une traction dans 2 catégories:

• Route sèche ou avec une forte adhérence, et moteur peu puissant.

Dans ce cas, accélérer permettra de "recharger" l'arrière du véhicule, mais le manque de puissance ne vous permettra pas de créer un patinage des roues ayant pour but de "ressortir le nez de la voiture".

Il va donc falloir contrebraquer, mais, ATTENTION à remettre les roues en ligne le moment voulu, car le coup de raquette vous guette lors de la reprise d"adhérence.

Lorsque vous prenez la décision de contrebraquer, alors évitez d'accélérer car les réactions lors de la reprise d'adhérence risqueront d'être amplifiées.

• Route mouillée ou avec faible adhérence, et moteur puissant.

Dans ce cas, accélérer de manière à créer un patinage des roues avant. La puissance de l'accélération sera en rapport avec l'importance de la dérive.

Ne contrebraquez pas, (ou légèrement) gardez le volant en ligne.


PILOTAGE TRACTION
contrôle d'un véhicule à 4 roues motrices.

Le contrôle d'une 4 roues motrices est un "mélange" de contrôle de propulsion et de traction.
En règle générale, le contrebraquage doit être très limité pour une efficacité maximum.

La manoeuvre:
• 1- Accélérer
• 2-Contrebraquer légèrement si manque de puissance.

En fonction de la répartition de la puissance entre l'avant et l'arrière, une 4x4 peut être très typée propulsion, il faudra donc adapter son pilotage en fonction de ces paramètres.
CONTROLE 4 MOTRICES

Pour conclure.

Il faut retenir que le pilotage d'une voiture n'est pas inné, et qu'il ne faut pas hésiter à s'offrir un stage dans une école spécialisée.
Chaque situation est différente, et peu vécus au quotidien, se qui provoque un stress, pour un non initié, qui ne permettra pas de contrôler des situations difficiles.

Le but de cette rubrique est de vous sensibiliser aux difficultés du pilotage.

Tout est nuance, dosage, analyse et rapidité de réaction.

La sécurité routière est l'affaire de tous, comprendre le fonctionnement physique d'un véhicule peut aussi sauver des vies.

N'effectuez pas de manoeuvre que vous ne saurez contrôler, car si vous vous "battez" avec votre voiture, sachez que c'est toujours elle qui remportera le "combat".
 
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